Sur la Brèche

En Europe, au Moyen-Âge, en cas de danger ou de guerre, les population se réfugiaient dans des châteaux forts. Ces châteaux étaient entourés de murs en pierre. L’attaquant, avec des catapultes et plus tard des bombardes et canons, essayait de briser ces murs pour permettre à ses armées d’entrer dans le château assiégé. Lorsqu’une brèche était faite dans le mur, des défenseurs se mettaient alors sur la brèche pour défendre le château et la population qui y était réfugiée. Ces chevaliers se mettaient sur la brèche au péril de leur vie.

Il y a un demi-siècle une brèche s’est ouverte dans le scoutisme. Avec les absolus de l’époque, les modernistes et les traditionalistes ont brisé l’unité du scoutisme francophone. Chacun s’insultant de son mieux, toujours prêt à démolir l’autre. C’étaient alors les chemises beiges contre les chemises rouges, les shorts contre les pantalons, 12-14 ou 12-17, tout fut excuse à combat. Depuis lors de nombreuses dérives ont vu le jour, certaines associations ignorant les autres, d’autres même interdisant à leurs membres de fréquenter ceux des autres,

À la Route de Pâques 2007, celle du Centenaire. 120 Routiers du Québec se sont engagés à se tenir sur la brèche.

C’est à dire de reconnaître que malgré nos versions différentes de la Loi scoute, que malgré les couleurs différentes de nos chemises, que malgré nos méthodologies différentes, que malgré nos visions parfois divergentes du scoutisme, nous sommes frères et soeurs, qu’il y a plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous séparent.

C’est à dire de défendre activement tous les scoutismes contre nos détracteurs, de défendre chacun de nos frères et soeurs scouts quel que soit son allégeance à l’une ou l’autre version du scoutisme. Que ces attaques viennent de l’externe ou de l’interne de la grande famille scoute.

C’est à dire de valoriser l’unité du scoutisme par sa Loi, quelqu’en soit la formulation, sa Promesse et son fondateur.
Sur la brèche n’a aucune considération politique sur la réunification ou le maintien des diverses associations, nous laissons cela aux instances. Nous ne nous intéressons qu’à la reconnaissance du scout en l’autre et de la défense du scoutisme comme idée.


L’idée sur la Brèche a été proposée par le 150e Clan Routier Narya-le-Rouge de Notre-Dame d’Anjou de l’Association des Éclaireurs de Baden-Powell (AEBP) et accepté par les Commissaires National et Généraux de l’ASC (OMMS), de l’AEBP (ex-FSE) et de l’AQAB ainsi que 120 Routiers, Guides-Aînées et scouts adultes des trois associations. Bon, j’avoue que chaque Commissaire l’a interprété à sa façon, qu’il y a eu un ressac, d’autres ont encore plus mal interprété notre initiative, mais l’idée tient bon. Des Scouts se tiennent sur la Brèche. Nombreux sont ceux qui paient leur cotisations aux deux associations (ASC, AABP [AEBP+AQAB unifiés]) et portent deux uniformes. Nous avons aussi offert un foulard carré fait par nos soins pour symboliser notre engagement, nombreux le portent en complément du foulard d’unité, l’un au cou, l’autre à l’épaule, ou inversement.

Loutre
150e Notre-Dame d’Anjou (AABP)

4 commentaires pour “Sur la Brèche”

  1. okapi dit :

    Il en va du scoutisme comme d’autres groupes humains : certains préfèrent diviser pour règner, quand d’autres comprennent que l’union fait la force. Puisse votre intitative évoluer favorablement, positivement, et servir d’exemple ailleurs…

  2. darzee dit :

    J’aimerais bien publier ce message sur le Blog de La Roca. Loutre, peux-tu me contacter, stp?

  3. En la brecha | El Blog de la Roca del Consejo dit :

    […] original publicado en Scoutitude y en los sitios webs de los […]

  4. okapi dit :

    Traduction plus littéraire que littérale : “Merci Loutre, OK, c’est fait…” ;-)

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